vendredi 18 novembre - Rencontre avec Laurent Feneyrou - 18/11/2022

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Le vendredi 18 novembre à 20 heures

La librairie Le livre vous convie à une rencontre avec

Laurent Feneyrou

A l’occasion de la naissance des éditions Triestiana

 

 

« Comment définir la littérature triestine, sinon par ce visage pluriel, d’une étonnante richesse, par cette « identité » de frontière, selon l’expression d’Angelo Ara et de Claudio Magris ? Cette littérature éclot paradoxalement en exil, à Florence en 1909, sous la plume de l’immense Scipio Slataper, dans les pages de la revue La Voce, puis avec le splendide Piccolo canzoniere in dialetto triestino de Virgilio Giotti, ces vers « petits et tristes, amoureux » édités en 1914, quand bientôt, nombre d’auteurs de Vénétie Julienne fuient la conception autrichienne.

Si les noms et les œuvres d’Umberto Saba et d’Italo Svevo sont désormais connus à travers le monde, nous envisageons de publier, au rythme de deux ou trois volumes par an, des écrivains et des poétes dont ce sera, pour la plupart, le premier ouvrage en langue française. Nous éditerons, sans nostalgie pour les divisions territoriales d’antan, une littérature qui s’étend des anciens comtés de Gorizia et Gradisca, jusqu’au littoral aujourd’hui slovène et croate de l’Antique Histria, depuis les dissentiments préludant la Première Guerre mondiale jusqu’à nos jours.

 

Une telle littérature se donne tantôt en italien, tantôt en dialecte, le triestino de Virgilio Giotti, Claudio Grisancich ou Manolio Malabotta, le graisan de Biagio Marin ou le rovignese de Ligio Zanini. C’est pourquoi il nous est si essentiel de publier nos volumes en version bilingue.

Riche d’échos vénitiens, frioulans, slovènes, croates, austro-allemands, comme d’hellénismes et de latinisme, ces dialectes archaïsants et modernes à la fois, d’une saisissante souplesse, se révèlent aptes à unir la vie et le vers. Et ils ne sont pas, Pier Paolo Pasolini y insistait, langues secondaires, mais absolues, à l’occasion corrigées pour répondes aux exigences de la littérature. Chaque poème nous met ainsi à l’écoute d’une langue autre, étrangère, voire originelle, comme si les choses étaient nommées pour la première fois. »